Nous vous l'avions promis...
Voici un premier commentaire des oeuvres présentées autour de la nativité lors de la soirée au profit de l'oeuvre de Malte en décembre dernier.
Comment ça, ce n'est plus d'actualité? Mais si, "Noël c'est chaque jour"...
Le nouveau-né
Cette toile est l'une des plus connue et l'une des plus utilisée.
La scène, d'une extrême simplicité technique et iconographique, est réduite à trois personnages, deux femmes et un enfant. L'entourage est lui aussi dépouillé, il n' y a pas de décors, les personnages se détachent sur un fond sombre. Le peintre a représenté un toute jeune mère, assise, le regard tourné vers son enfant emmailloté et dormant sur ses genoux. A leur droite, une femme plus âgée, contemple le nouveau-né. Cette femme illumine la scène et focalise l'attention du spectateur sur cet enfant qui vient de naître, par une simple chandelle.
A première vue, la scène évoque le thème de la relation entre une mère et son enfant, de la maternité. Mais cette représentation va plus loin car c'est aussi une nativité. Malgré le titre et l'absence d'auréole, l'atmosphère recueillie et toute l'attention portée à ce petit être, nous met en fait face à un tableau religieux représentant la Nativité. Longtemps cette œuvre à été attribuée aux frères Le Nain, ce n'est qu'en 1915 que le critique d'art allemand Hermann Voss la confronte à deux autres tableaux et l'attribue à Georges de La Tour. Les historiens d'art redécouvrent alors le peintre de Lunéville.
La Tour est l'un des artistes à avoir transformé le langage du naturalisme. Les plus grands chef-d'œuvres de cet artiste lorrain sont les "nuits" de ses dernières années dont provient la toile de Rennes. La toile s'inscrit par son clair-obscur, ses tons chauds et son cadre serré, dans la tradition caravagesque. Comme dans tous ses tableaux nocturnes, La Tour recherche les formes rondes et lisses. La lumière joue un rôle important, elle est artificielle et calculée mais c'est d'elle que se dégage une unité autour de cet enfant. Comme dans toutes ses œuvres, le divin s'incarne dans le monde réel plutôt qu'exalté par une transcendance inaccessible.
Nous avons ici le premier « vrai » bébé de l'histoire de la peinture. Par cette scène somme toute ordinaire, l'artiste témoigne du caractère sacré de la vie à travers le temps. Le Nouveau-né est en ce sens une oeuvre d'une extraordinaire humanité.
Cette ambiguïté entre le sacré et le profane est sans doute à même de guider le spectateur vers une véritable méditation.
Commentaire de Guilaine Pons lors de la veillée Naissances
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