Une proposition de saynette pour La Salette ou pour ailleurs... (prise sur le site de Pax Christi dans le livret à destination des Eglises chrétiennes - Temps pour la Création
2007)
Pour environ 8-15 personnes
Adaptation libre par Anne-Christine HILBOLD-CROISET du Petit conte théologique et écologique sur la Création, de Caroline
BAUBEROT (EELF), Point KT octobre novembre décembre 1998 N¡ 2464
Personnages : Pasteur(e) Dieu, Le juge, L'enfant qui plante l'arbre, L'accusateur, Les
jurés, figurants pour le défilé de preuves,
Pasteur(e) : Il y a quelques jours, tandis que je méditais à propos de la création en vue d'une prédication, je me suis endormie, sur mon
bureau. Le sommeil s'étant soudain emparé de moi, je ne tardais pas à entrer dans un drôle de
rêve...
Je me retrouvais, tout à coup, dans une immense salle toute molletonnée qui ressemblait un peu à un grand tribunal. A l'intérieur de cette
salle, régnait une étrange agitation je devrais plutôt dire une "sainte" agitation
On entend le marteau du juge qui tape
Juge : Silence ! Silence ! Ou je fais évacuer la salle !
Le silence s'impose. Le juge se lève :
Juge : Accusé, levez-vous !
Juge : Votre nom ?
Dieu : - Dieu
Juge : - Prénom ?
Dieu : - Le Père
Juge : - Profession ?
Dieu : - Créateur et sauveur
Juge : - Domicile ?
Dieu : - Partout où on me laisse entrer...
Juge : - Vous pouvez vous rasseoir ! Nous allons procéder maintenant à l'audition des faits qui vous sont reprochés. Je demande à l'accusation de
bien vouloir s'avancer.
Un bonhomme bizarre, cheveux en bataille, un peu douteux s'approche et dit :
Accusateur : Après avoir soigneusement écouté et recueilli les très nombreuses plaintes émanant de la terre, nous avons retenu les suivantes : votre
création, Seigneur, montre un certain nombre de défauts et d'irrégularités qui sont à l'origine de multiples maux sur la terre. L'air que vous avez créé est pollué, aussi de nombreux hommes et
femmes se plaignent-ils de bronchites, d'asthmes et de cancers. La couche d'ozone étant trouée, les rayons du soleil sont devenus dangereux. Certaines espèces que vous aviez créées sont en train
de disparaître et l'on ne trouve pas les pièces de rechange pour réguler l'écosystème. Les forêts ont une facheuse tendance à rapetisser, il semble qu'elles soient touchées par un parasite très
puissant appelé "béton". Les vaches et d'autres animaux sont devenus fous.
Défilé de preuves (Images, témoignages)
Accusateur : Les preuves sont accablantes ! Oui vraiment, Monsieur le Créateur, qu'avez-vous à dire à tout cela ?
Grand silence. Tout le monde se retourne vers Dieu. Dieu se lève et dit :
Dieu : Au commencement, lorsque j'ai créé le ciel et la terre, il n'y avait rien, aucune vie possible dans ce chaos originel : ni air, ni terre, ni
mer, ni eau. Certains d'entre vous doivent encore s'en souvenir. Au commencement, lorsque j'ai créé, je n'ai eu qu'un seul souci : la vie. Oui, je voulais que la vie puisse naître et s'épanouir
sur cette plante, la vie végétale et la vie animale bien sûr, mais surtout la vie humaine. C'est pourquoi, j'ai créé l'air, l'eau, le ciel et la mer, la terre et puis les arbres. J'ai créé les
espèces pour qu'il y ait de tout sur cette terre, pour que la vie ne soit pas ennuyeuse mais variée, colorée, pleine de surprise, pour qu'elle se renouvelle et se régénère.
Et puis, quand tout cela a commencé à ressembler à quelque chose, à quelque chose de bon, j'ai créé l'être humain. Je l'ai créé à mon image, pour
qu'il soit mon vis-à-vis dans la création, pour qu'à ma suite il crée, mette de l'ordre, fabrique et transforme le monde. Je lui ai donné du jugement pour qu'il soit capable de reconnaître ce qui
est bon de ce qui ne l'est pas. Et puis, je l'ai laissé libre d'administrer ma création comme bon lui semblerait. Aujourd'hui, je dois bien reconnaître que cette liberté a un prix, et les êtres
humains oublient bien souvent de me rendre des comptes.
L'accusateur ne tient plus sur son siège et d'un bond, il se lève et dresse son doigt accusateur :
Accusateur : Et voilà, nous y revoilà, c'est toujours la même chose. Combien de fois ne vous ai-je pas dit de ne pas faire confiance à vos
créatures. Ce ne sont que des créatures, bon Dieu ! Hommes, femmes, cochons, moustiques... Des créatures
Dieu : Bégayant : Mais... mais... c'est que... c'est à dire que...
Il se rassoit.
Accusateur (De plus en plus énervé) : Comment pouvez-vous leur faire confiance ? Ils
vont finir par tout détruire, les Hommes. Ils passent leur temps à se plaindre mais en réalité ce sont eux qui sont responsables des dégâts. Et vous, oui VOUS, vous êtes coupables de leur
faire confiance. Ce n'est pas la première fois, on vous l'avait déjà dit lorsque vous avez envoyé votre Fils au casse-pipe.
De nouveau, les regards convergent vers le Seigneur. Grand silence.
Hésitations de Dieu, qui finit par se lever. Il va au milieu de la salle et creuse un trou dans les nuages. Il les appelle à venir voir. Le trou
qu'il avait creusé permettait de voir un jardin quelque part sur la terre.
X : Venez voir ! Regardez ! Mais que fait cet humain ?!
II y avait là un petit garçon en train de planter un arbre dans la terre, soigneusement, avec ses mains. Quand il eut fini, il remplit un seau d'eau et
arrosa son arbre. Et il resta planté à côté de lui, émerveillé et fier.
Tout le tribunal pousse alors un Oooohhh admiratif général.
Dieu : Oui, je plaide coupable ! Car chaque fois que je vois un enfant planter un arbre, ou des hommes et des femmes prendre soin de la création,
chaque fois que je les entends rendre grâce pour cette terre sur laquelle ils vivent, je me dis que j'ai raison d'avoir confiance et d'aimer l'humanité.
Timides applaudissements. Puis des hourras gagnent tout le tribunal.
L'accusateur profite de cet instant de liesse générale pour filer à l'anglaise.
C'est alors seulement que l'on a vu dépasser sous sa robe d'ange jaunie, un petit bout de queue toute noire et velue...
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